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Les Voyageurs du Temps

roman

 

Philippe Sollers Les Voyageurs du Temps

« Je viens du Centre de tir. Quelques bavures pour commencer (fatigue, souffle court), et puis précision. Je ne sais plus quel poète américain a écrit ces deux vers : “Paradis calme/Au-dessus du carnage” ». C’est mon état d’esprit à l’entraînement. En haut, si j’arrive à penser le moins possible, ciel, bleu, calme, lumineux. En bas, explosions et larmes.

Je me concentre sur le mot “mot”. Je le vois là-bas, dans la ligne de mire. Il respire un peu, il grandit, c’est lui que je vise, que je veux toucher et trouer. MOT. Avec une lettre de plus, c’est MORT. En anglais, ça ferait WORD et WORLD. Je tire sur la mort, je tire sur le monde. Petite plaisanterie, mais qui fait du bien. Ma voisine de stand, Viva, me félicite d’avoir mis dans le mille. Je ne sais rien de ses activités, ni elle des miennes. On se sourit, ça suffit. »

 

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Grand beau temps »


Michel Houellebecq sur Philippe Sollers:


"Philippe Sollers a réussi à occuper de manière à peu près constante les médias, depuis un peu plus de quarante ans, sans que l’on apprenne rien, ou à peu près rien, sur sa vie privée. C’est là un succès admirable ; bien sûr il a commencé à une époque infiniment moins brutale que la nôtre, et les gens conservent certaines habitudes ; il n’empêche que cela laisse pantois".


Michel Houellebecq, Bernard-Henri Lévy, Ennemis publics, p.232


Philippe Sollers

Le film que se raconte le milieu littéraire français, depuis plus de trente ans, peut d'ailleurs être décrit comme un western classique, sans cesse rejoué, avec, de temps en temps, adjonction de nouveaux acteurs. Il y a un Beau, un Bon, un Vertueux exotique, Le Clézio, et un Méchant, moi. Je m'agite en vain, Le Clézio est souverain et tranquille, il s'éloigne toujours, à la fin, droit sur son cheval, vers le soleil, tandis que je meurs dans un cimetière, la main crispée sur une poignée de dollars que je ne posséderai jamais. Modiano, lui, a un rôle plus trouble: il est à la banque, il avale ses mots, il a eu de grands malheurs dans son enfance, il est très aimé des habitants de cette petite ville culpabilisée de l'Ouest, aimé, mais pas adoré, comme Le Clézio, dont la photo, en posters, occupe les chambres de ces dames. Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est moi. Je suis un voleur, un imposteur, un terroriste, un tueur à la gâchette facile, un débauché, un casseur, j'ai des protections haut placées, des hommes et des femmes de main, je sème la peur, je ne crois à rien, j'expierai mes fautes.

Un Vrai roman, Mémoires, p. 151

Lire aussi Le Clézio par Sollers, article dans Le Monde »


Philippe Sollers, Prix Saint-Simon 2008 pour Un Vrai roman, Mémoires


Etudes
Joseph de Maistre par Sollers
Pape

  • Un vrai roman Mémoires
  • Philippe Sollers Mémoires
    "On m’a souvent reproché de ne pas écrire de « vrais romans », autrement dit des livres qui pourraient se lire comme on regarde un film.
    En voici un, mais il s’agit de mon existence réelle : souvenirs, situations, portraits.
    J’ai connu nombre de célébrités littéraires, philosophiques ou politiques de mon temps. Les voici, peintes de l’intérieur.
    Quant à mon aventure personnelle, plutôt singulière, et le plus souvent recouverte d’un flot épais de malentendus, il m’a semblé nécessaire de la clarifier.
    C’est fait." Ph.S.
  • Plon, 2007, À paraître en folio en mars 2009 lire le début du livre »

Guerres secretes
Guerres secretes
 
 
 
 

"Je me demande depuis un certain temps, alors que j'ai lu et relu Homère, L'Iliade et L'Odyssée, pourquoi ce vieux texte monte de plus en plus vers moi d'une façon fraîche, énigmatique et violente. Et pourquoi, dans le même temps, tout ce qui peut se dire en chinois, dans la stratégie chinoise en particulier, monte avec le même caractère d'urgence. Serait-ce que la Grèce et la Chine ont des choses à se dire Le grand stratège Sunzi a vécu entre Homère et Euripide. Ces figures précèdent de peu l'ère qu'on dit chrétienne, et qui méritait mieux que d'inaugurer un calendrier. Les Grecs et les Chinois ont failli se rejoindre après le Concile de Trente. Puis ces mondes se sont séparés, grosso modo depuis la Révolution française, avant d'être peu à peu oubliés de tous: la synthèse, ou plutôt la tenue de la contradiction, n'a pu être opérée longtemps. Les Chinois sont délibérément méconnus. Quant aux Grecs, on sait le sort d'oubli qui leur est maintenant réservé."  

Ph. S.

 

Guerres secrètes, Carnets Nord, 2007

 
 
 

Une vie divine, roman
une vie divine
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 Faites l'expérience de vous dire sans cesse: j'étais là, je suis là, je serai toujours là, je suis avec moi jusqu'à la fin des temps, le ciel et la terre passeront, mais ma certitude ne passera pas. Le résultat est terrifiant ou comique. À moins de prendre tout ça à la légère, sur la pointe des pieds, de marcher sur l'eau, de voler. Regardez : j'ai l'air d'un boeuf mais je plane, je suis une mouette, un faucon, un héron. Ma vie est dans les fleurs, les marais, les vignes, les vagues. Je migre, je transmigre, je me réincarne au jugé. On m'enterre, je ressuscite ; on m'incinère, mes atomes persistent et se recomposent plus loin. Dans le monde humain, il m'arrive d'attendre longtemps avant de me reconnaître. J'ai des rêves, des attaques, des pressentiments, je fais des rencontres, je suis bien obligé d'admettre que je suis un autre, et soudain me revoilà, c'est plus fort que moi. Ici, il faut que je me parle doucement à mi-voix, comme quelqu'un qui a peur de réveiller des gens qui dorment et qu'il aime.

Ph.S.

Une vie divine, Gallimard, Folio n°4533

Sollers & Cecilia BartoliPhilippe Sollers et Cecilia Bartoli


Infini n°104

Infini n° 104 »

Infini n 103

L'Infini n° 103 »


無限

25e anniversaire de L’Infini

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À paraître dans le n°106 de L'INFINI:

L'expérience de Le Clézio »

Le Diable mène la danse »


Quantum of Sollers »

Sollers à Bordeaux Sud ouest 10 avril 08

 


Rome, ville sainte, Radio France Culture, 26 juillet 2008:

 


 

Mise à jour: 5 janvier 2009
 
Photo Sophie Zhang
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