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Les Voyageurs du Temps

roman

 

Philippe Sollers Les Voyageurs du Temps

« Je viens du Centre de tir. Quelques bavures pour commencer (fatigue, souffle court), et puis précision. Je ne sais plus quel poète américain a écrit ces deux vers : “Paradis calme/Au-dessus du carnage” ». C’est mon état d’esprit à l’entraînement. En haut, si j’arrive à penser le moins possible, ciel, bleu, calme, lumineux. En bas, explosions et larmes.

Je me concentre sur le mot “mot”. Je le vois là-bas, dans la ligne de mire. Il respire un peu, il grandit, c’est lui que je vise, que je veux toucher et trouer. MOT. Avec une lettre de plus, c’est MORT. En anglais, ça ferait WORD et WORLD. Je tire sur la mort, je tire sur le monde. Petite plaisanterie, mais qui fait du bien. Ma voisine de stand, Viva, me félicite d’avoir mis dans le mille. Je ne sais rien de ses activités, ni elle des miennes. On se sourit, ça suffit. »

 

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Un vrai roman Mémoires
Philippe Sollers Mémoires
"On m’a souvent reproché de ne pas écrire de « vrais romans », autrement dit des livres qui pourraient se lire comme on regarde un film.
En voici un, mais il s’agit de mon existence réelle : souvenirs, situations, portraits.
J’ai connu nombre de célébrités littéraires, philosophiques ou politiques de mon temps. Les voici, peintes de l’intérieur.
Quant à mon aventure personnelle, plutôt singulière, et le plus souvent recouverte d’un flot épais de malentendus, il m’a semblé nécessaire de la clarifier.
C’est fait." Ph.S.
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Prix Saint-Simon

Philippe Sollers, Prix Saint-Simon 2008 pour Un Vrai roman, Mémoires


Sollers

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    Philippe Sollers

     

     

     

     

     

    Le film que se raconte le milieu littéraire français, depuis plus de trente ans, peut d'ailleurs être décrit comme un western classique, sans cesse rejoué, avec, de temps en temps, adjonction de nouveaux acteurs. Il y a un Beau, un Bon, un Vertueux exotique, Le Clézio, et un Méchant, moi. Je m'agite en vain, Le Clézio est souverain et tranquille, il s'éloigne toujours, à la fin, droit sur son cheval, vers le soleil, tandis que je meurs dans un cimetière, la main crispée sur une poignée de dollars que je ne posséderai jamais. Modiano, lui, a un rôle plus trouble: il est à la banque, il avale ses mots, il a eu de grands malheurs dans son enfance, il est très aimé des habitants de cette petite ville culpabilisée de l'Ouest, aimé, mais pas adoré, comme Le Clézio, dont la photo, en posters, occupe les chambres de ces dames. Le Diable, ne l'oubliez pas, c'est moi. Je suis un voleur, un imposteur, un terroriste, un tueur à la gâchette facile, un débauché, un casseur, j'ai des protections haut placées, des hommes et des femmes de main, je sème la peur, je ne crois à rien, j'expierai mes fautes.

    Un Vrai roman, Mémoires, p. 151

Sollers & Cecilia BartoliPhilippe Sollers et Cecilia Bartoli


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De vous à moi, entretien avec Serge Moati »


Rome, ville sainte, Radio France Culture, 26 juillet 2008:

«Viva l'Italia», Corriere della sera 12/03/09 »


Sollers à Bordeaux Sud ouest 10 avril 08

Mise à jour: 12 mars 2009
 
Photo Sophie Zhang
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